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Crise financière : la navigation à vue reste de rigueur

jeudi 08 mai 2008 No Comment

La crise se fait annoncer

Dans un article publié sur son blog le 25 février 2007, Jacques Attali écrit
Voici venir la crise…. :

(…) “Depuis longtemps, et en particulier dans mon dernier livre, je soutiens qu’une grave crise financière mondiale pourrait partir des Etats-Unis où le prix de l’immobilier sert de gages à des emprunts, qui permettent aux particuliers qui n’en ont pas les moyens d’acheter des titres en Bourse. Pour les rendre solvables , les maisons de titres endettent au maximum les gens de la classe moyenne en leur accordant des prêts au logements qu’ils ne peuvent pas rembourser, sauf par la vente de leur portefeuille boursier supposé en croissance .. Pour se couvrir elles memes contre la defection d’un de ces emprunteurs, elles regroupent ces prêts au logement en une obligation unique, des ABS, Asset–Backed Securities subprime, ou plutôt des Mortgage Backed Securities subprime, qu’elles replacent ensuite sur le marché financier 1. Que le prix de l’immobilier se retourne et c’est tout le système qui s’effondre. C’est exactement ce qui s’est passé cette semaine : depuis quelques jours, le prix des maisons baisse, les gens ont du mal à payer leurs mensualités et les revenus des promoteurs sont à la baisse (-60% pour certains). Aussi, la valeur de ces titres MBS baissent. Depuis quelques jours, ils ne valent même dans certains cas plus rien. Pour la première fois, la baisse du marché de l’immobilier aura donc des conséquences majeures sur le marché financier en général.”

En fait, l’essayiste confiera que dans son livre “Une brève histoire de l’avenir” (éditions Fayard, 2006), il avait bien prévu la crise des subprimes, … mais plus tard

Si nul n’a pu empêcher les crises financières par le passé, qu’en sera-t-il pour le futur ?

Dans sa “brève histoire de l’avenir, Jacques Atttali prévoit que nous aurons «dans vingt ou trente ans au plus, un repli des Etats-Unis sur eux-mêmes ; puis un univers polycentrique, avec une dizaine de nations dominantes ; puis, vers 2050, un monde sans Etats, marché mondial chaotique et flamboyant, que je nomme « l’hyperempire », suivi par un conflit puis, si l’humanité survit, par une démocratie mondiale.»

Curieusement, et de façon très symptomatique, on ne trouve rien sur les crises financières à venir de l’ “hyperempire”. Le futur ainsi révélé jusque dans l’implacable logique de son inéluctable avènement, semble condamner tout un chacun à l’avoir pour seul destin possible. Seule la perspective d’un conflit mondial semble inéluctable sous la plume de l’essayiste.

Christian Barbier, du Point, interpelle l’auteur : «A vous lire, l’apocalypse est logique». Réponse de Jacques Attali : « J’espère que le fait d’écrire qu’elle est probable aidera à l’éviter2


  1. voir Titrisation [back]
  2. Je lis dans la pensée de Jacques Attali 9 novembre 2006 sur le blog de Didier Jacob Rebus de presse [back]

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