Bonaparte : l’aigle et la bulle
Un bon élève studieux et renfermé
C’est en 1776 qu’est fondée à Brienne-le-Château une des douze écoles militaires françaises destinées à recevoir les enfants de la noblesse se préparant au métier des armes. Il ne reste qu’un seul bâtiment de cette école militaire, classé Monument Historique en 1933, abritant depuis 1969 un musée retraçant l’enfance de l’élève un musée retraçant l’enfance de l’élève Bonaparte à Brienne ainsi que les autres séjours de l’Empereur dans la ville.
En 1777, son père, Charles Bonaparte, ayant été nommé membre de la députation envoyée à Versailles, obtint pour son second fils, Napoléon, une bourse à l’Ecole militaire de Brienne.
Charles Bonaparte ayant fourni les preuves de noblesse de la famille, Napoléon est agréé par le ministère de la guerre pour entrer au collège militaire de Tiron, mais, suite à des défections, il est finalement admis à l’École royale militaire de Brienne-le-Château (Aube).
Le jeune Bonaparte y entra le 23 avril 1779, âgé de neuf ans huit mois et huit jours.
Bonaparte “bullait comme les autres sur les bancs de l’école”
Selon un article du Point qui présente des dessins du futur empereur, griffonnés sur ses cahiers ou ses livres d’école, le petit Bonaparte était un enfant qui “bullait” en classe comme les autres élèves.
“On sait qu’il va y rester cinq ans et rapidement briller dans la cour de récré par ses initiatives militaires et son sens de la stratégie. Mais dans cet atlas, on découvre Bonaparte méconnu : l’enfant moqueur et plutôt doué pour le dessin. En marge de ses cartes de Suède ou d’Angleterre, voilà des trognes, des caricatures de ses professeurs, des ballons dirigeables, baïonnettes et tire-bouchons. La preuve que le futur Aigle conquérant de l’Europe bullait comme les autres sur les bancs de l’école”.
source : Quand Bonaparte bullait à l’école Le Point Julie Malaure
En fait de “buller”, le jeune Bonaparte était solitaire et studieux. Arrivé à Brienne en sachant à peine le français, mal accueilli par ses congénères, il s’est isolé. Mais il se découvre des talents de meneur et de stratège, dès qu’il s’agit de démontrer sa capacité à commander, ne serait-ce qu’une bataille de boules de neige qui est restée dans la légende.
“La pauvreté, les privations et la misère sont l’école du bon soldat“, écrira-t-il dans une Lettre à Joséphine de Beauharnais.
Excelle en mathématiques
Considéré comme bon élève, Bonaparte excelle en mathématiques :
Bonaparte eut avec moi le prix de mathématique, partie à laquelle il avait borné ses études, et dans laquelle il excellait.”
Mémoires de M. de Bourrienne, ministre d’état Par Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne
Bien plus tard, Napoléon Bonaparte dira :
Tout ce qui n’est pas fondé sur les bases physiques et mathématiques exactes doit être proscrit par la raison.
Un enseignement de niveau moyen
A Brienne, le niveau de l’enseignement dispensé est assez faible en comparaison de celui dispensé dans les autres collèges militaires. Faute de disposer de moyens financiers suffisants, le corps enseignant de l’Ecole Militaire n’est pas de premier ordre.
“A Brienne, le nombre des élèves n’excédait guère cent dix, dont cinquante aux frais du roi, qui payait pour chacun 700 livres par an ; et soixante environ aux frais de leurs parents, payant aussi une pension de 700 livres. La maison, desservie par des minimes, n’avait que 8 à 10.000 livres de rente. On dit que ces moines étaient bien inférieurs en connaissances à ceux des congrégations qui dirigeaient les autres écoles militaires ; car, sous l’ancien régime, chose singulière ! c’étaient des moines qui étaient chargés de former les officiers de l’armée française. Obligés d’avoir recours à des professeurs laïques, et trop pauvres pour leur assurer un traitement convenable, les minimes de Brienne n’avaient que des sujets médiocres. Telle était leur pénurie à cet égard que, vers le temps où Napoléon entra dans leur école, ils avaient eu recours aux minimes de la Franche-Comté, qui leur envoyèrent le Père Patrault comme professeur de mathématiques, homme assez ordinaire d’ailleurs, qui avait pris Napoléon en grande amitié, et qui, rentré dans la vie séculière après 1789, devint secrétaire du général Bonaparte, quand celui-ci fut nommé commandant en chef de l’armée d’Italie.”
source : BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – DE BRIENNE A L’ECOLE MILITAIRE
Répéré par un maréchal de camp en tournée d’inspection
Napoléon Bonoparte devra ses premiers pas dans la carrière militaire non à sa naissance, ni même à un quelconque favoritisme, mais à son intelligence repérée par un sous-inspecteur des écoles royales et militaires de France lors d’une visite au collège de Brienne.
“Le 15 septembre 1783, arriva a Brienne M. le chevalier de Keralio, maréchal de camp et sous-inspecteur général des écoles royales militaires de France. C’était un vieillard aimable, des plus propres aux fonctions dont il, était chargé ; il aimait les enfants, jouait avec eux après les avoir examinés, et retenait avec lui à la table des minimes les élèves qui lui avaient plu. Il avait conçu une affection toute particulière pour le jeune Corse, qu’il se plaisait à exciter de toutes manières. Il le mit sur la liste des élèves en état d’entrer au service ou de passer à l’Ecole de Paris. L’élève Napoléon Bonaparte avait alors tout juste quatorze ans et un mois. L’enfant n’était fort que sur les mathématiques, et les moines représentèrent à M. de Keralio qu’il serait mieux d’attendre à l’année suivante, afin de lui donner le temps de se fortifier dans la langue latine. Mais le chevalier tint bon. « Je sais, leur dit-il, ce que je fais. Si je passe ici par-dessus la règle, ce n’est point une faveur de famille ; je ne connais pas celle de cet enfant. C’est tout à cause de lui-même. J’aperçois ici une intelligence qu’on ne saurait trop cultiver. » Et M. de Keralio rédigea la note suivante sur cet élève, dont il plaça le nom en tête de sa liste :
ÉCOLE DE BRIENNE.
il est faible dans les exercices d’agrément. Ce sera un excellent marin
Etat des élèves du roi capables, par leur âge, d’entrer au service ou de passer à l’Ecole de Paris, savoir : M. de Bonaparte (Napoléon), né le 15 août Taille de 4 pieds 10 pouces 10 lignes ; bonne constitution ; excellente santé ; caractère-soumis. Il a fait sa quatrième. Honnête et reconnaissant ; sa conduite est très-régulière. Il s’est-toujours distingué par son application aux mathématiques ; il sait passablement l’histoire et la géographie ; il est faible dans les exercices d’agrément. Ce sera un excellent marin. Mérite de passer à l’Ecole de Paris. »
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La jeunesse de Napoléon en B.D
Crayonnés de la jeunesse de Napoléon Bonaparte en BD

Bibliographie commentée relative à la jeunesse de Napoléon Bonaparte site “Napoléon Bonaparte en BD”

“On sait qu’il va y rester cinq ans et rapidement briller dans la cour de récré par ses initiatives militaires et son sens de la stratégie. Mais dans cet atlas, on découvre Bonaparte méconnu : l’enfant moqueur et plutôt doué pour le dessin. En marge de ses cartes de Suède ou d’Angleterre, voilà des trognes, des caricatures de ses professeurs, des ballons dirigeables, baïonnettes et tire-bouchons. La preuve que le futur Aigle conquérant de l’Europe bullait comme les autres sur les bancs de l’école”. 







