Logique Shadock et devoir d’information
Application de la logique Shadock à la diffusion des brèves politiques par l’AFP
Cours de logique Shadock
“La notion de passoire est indépendante de la notion de trou et réciproquement”
Une passoire de premier ordre, laisse passer l’information, et les nouilles
Une passoire de second ordre, laisse passer les nouilles, mais pas l’information
Une passoire de troisième ordre, dite complexe, laisse passer l’information, mais pas les nouilles
Les passoires de troisième ordre se divisent en deux catégories :
Les passoires complexes dites de droite qui laissent passer l’information, mais pas les casseroles de la Gauche (exemple, l’AFP oubliant de reprendre des déclarations de l’UMP concernant la “délinquance sociale” de Madame Ségolène Royal)
Les passoires complexes dite de gauche, qui laissent passer l’information, mais pas les casseroles de la Droite (sur les chances d’obtenir une liste exhaustive, voir : probabilité d’un mai 68 bis)
Dans un souci de “fluidifier” la circulation de l’information, la logique Shadock a été sollicitée au plus haut niveau pour réduire les risques de blocage des trous dans le cadre de libre circulation des invectives politiques à usage général.
Deux méthodes ont été envisagées :
- L’augmentation de la largeur des trous de la passoire complexe, qu’elle soit de dite de Droite ou de Gauche, afin de laisser passer le maximum d’information à destination du public.
Cependant, les Shadocks experts en trous, ont rappelé que s’agissant des passoires complexes, la largeur du trou ne change rien au blocage, quand il s’agit de faire passer des réformes dites complexes, particulièrement impopulaires.
Des spécialistes de la prospective ont averti qu’un élargissement continu du diamètre des trous de la passoire complexe pourrait entrainer un accroissement du vide tel que la passoire pourrait à terme ne plus avoir qu’un seul trou.
Les partisans de l’information-passoire ont fait valoir qu’à l’heure où l’on célèbre le quarantième anniversaire de la fin de l’information monotrou qui laissa jusqu’en 1968 passer dans un trou unique, la seule information visée par la censure gouvernementale, il serait illogique de s’engager au nom de la liberté de l’information, dans une politique de diminution des trous dont on sait au contraire qu’ils contribuent de façon essentielle au pluralisme de l’information.
L’ Académie a fait valoir qu’elle s’opposerait au nom de la défense de la langue, à ce que le mot “passoire” soit utilisé pour désigner une passoire à un seul trou.
- Prenant acte de ces objections, il a été finalement été proposé une deuxième méthode supprimant le filtrage préventif de l’information qui deviendrait consultable par quiconque, dispensait les professionnels du devoir de l’analyser avant d’en assurer la diffusion.
On contournerait ainsi la difficulté d’un débat éthique sur le bon usage de la passoire dans le traitement de l’information en réinventant le tableau d’affichage. Le journaliste ne serait plus le petit télégraphiste du pouvoir, mais le dépositaire d’informations gouvernementales sur le contenu desquelles il n’aurait plus à exercer sa critique.
Les brèves dites “sensibles”, jusqu’ici traitées par les passoires complexes, pourraient se voir dispensées de tout examen préalable à leur traitement.
Il a donc été proposé de supprimer des passoires complexes, les trous qui faisaient polémique, et d’entreposer leur contenu ainsi dispensé de filtrage, dans un endroit librement accessible à tous.
Ainsi le traitement des brèves de l’AFP s’apparenterait à celui réservé aux passoires sans trou.











