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La promotion «Lieutenant de La Bâtie» a défilé devant Al-Assad

mardi 15 juillet 2008 Aucun Commentaire  n 23667

La promotion de l’Ecole militaire interarmes de Coëtquidan (EMIA) (Morbihan) porte le nom de «Lieutenant de La Bâtie», un officier tué dans l’attentat de l’immeuble Drakkar, à Beyrouth en 1983. Elle a défilé le 14 juillet devant le président syrien Al-Assad dont le pays est soupçonné d’avoir une responsabilité dans l’attentat qui a causé la mort de 58 soldats français au Liban. 1

“Le lieutenant Antoine de la Bâtie était un de ces militaires tués au Liban. Né le 20 septembre 1955 dans une famille de militaires, le jeune Antoine est attiré par le métier des armes. Il a 20 ans quand il intégre un bataillon d’élève officier de réserve (EOR) à Coëtquidan. (…) En septembre 1983, alors qu’il vient d’avoir 28 ans, le lieutenant de la Bâtie revient au Liban avec la 3e Compagnie du 1er RCP, dans le cadre de la mission “DIODON IV”. 2

Les raisons d’un choix

Les élèves officiers ont choisi ce nom de baptême bien avant que l’annonce de la venue contestée, du président syrien.

Mais au fait, quelles sont les raisons de ce choix ?

“Les valeurs auxquelles la 46e promotion de l’EMIA est déjà attachée, malgré sa jeunesse, sont bien représentées par le lieutenant de la BATIE : il est pour nous un exemple de courage et d’abnégation. Le courage est bien présent tout au long de la carrière de cet officier qui a été volontaire pour une première mission au LIBAN. Mais surtout, il a fait preuve d’un courage encore plus grand dans sa seconde mission. Lors de sa lente agonie dans les décombres du DRAKKAR, il rassura en permanence ses subordonnés jusqu’à sa propre mort. Il représente aussi pour nous un exemple de dévouement extraordinaire par la force dans son engagement et le désir de servir son pays et ce, jusqu’au sacrifice suprême de sa vie pour l’accomplissement de la mission. Il est de ce fait un officier emblématique de notre volonté de servir avec ces valeurs. Mais ce n’est pas uniquement un symbole qui nous tire vers un but à atteindre, il est aussi très proche de nous.”‘

“Tapage franco-français”

photo : Eric Gaillard
Invité de France Inter hier, le président syrien Bachar el-Assad a ironisé dimanche sur les critiques de certains militaires et de défenseurs des droits de l’homme 3, qu’il voit comme un “tapage” franco-français sans importance. “Je dois dire que c’est simplement un tapage politique, le 14 juillet a été instrumentalisé, ça a été un prétexte“, a-t-il dit sur France Inter. Le dirigeant syrien a également voulu adresser un “message” aux Français, en ce jour de fête nationale.

Nous leur demandons d’être objectifs et réalistes par rapport à ce qui se passe au Proche-Orient: est-ce que l’occupation des territoires fait partie des principes prônés par le 14 juillet ?”, a -t-il dit, dans une allusion à l’occupation par Israël depuis 1967 du plateau syrien du Golan et des autres territoires conquis lors de cette guerre. 4

Est-ce qu’isoler des pays fait partie des principes démocratiques? Est-ce qu’on doit dire aux Européens ce qu’ils ont envie d’entendre ou ce qu’on a à leur dire? Est-ce que les faux slogans qui ont été utilisés par les Etats-unis, c’est ce qui est prôné par les principes de la Révolution française? Non. 5

“On a besoin de nous”

« On a mal compris la position de la Syrie, on a déformé nos points de vue. Mais l’accord sur le Liban a ramené les gens à la réalité. Il faut accepter que nous soyons une partie de la solution au Liban, mais aussi en Irak et en Palestine. On a besoin de nous pour combattre le terrorisme comme pour atteindre la paix. On ne peut nous isoler, ni résoudre les problèmes de la région en manipulant les mots comme le “bien” et le “mal,” le “noir” et le “blanc”. Il faut négocier, même si on n’est pas d’accord sur tout… » (…) « Si vous n’entamez pas maintenant un dialogue politique, c’est-à-dire si vous n’abordez pas les vrais problèmes, si vous n’avancez pas vers la paix, il n’y aura de place pour aucune autre initiative, que vous l’appeliez méditerranéenne ou d’un tout autre nom. » (…) Nous voudrions que la France et l’Union européenne encouragent Israël à accepter le résultat des négociations de 1999-2000.» 6

Rencontre avec Bachar Al-Assad mercredi 9 juillet 2008, par Alain Gresh, sur le blog Nouvelles d’Orient

L’an prochain…à

Je ne prétends pas que nous ayons la démocratie. Mais nous sommes ici dans une région où la simple publication d’une caricature ou d’un livre peut déclencher une guerre civile“, se justifie-t-il. Il le promet : “L’an prochain, nous ferons des réformes conséquentes.” Quant à bouleverser fondamentalement le pays et le régime, “cela prendra au moins une génération“.

Bachar Al-Assad, un autocrate si bien élevé… Le Monde, 10.07.08

La Syrie à la croisée des chemins Rapport de groupe d’amitié n° 44 (2002-2003) – 1er mars 2002 Sénat

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Beyrouth 23 octobre 1983, 6h24 du matin : L’immeuble le Drakkar a cessé d’exister



par Willmore17

Drakkar : l’Elysée disculpe la Syrie 14 juillet 2008

www.drakkar-1983.org site dédié aux victimes qui ont péri dans l’immeuble Drakkar


  1. ”Les militaires français, déployés au Liban dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité de l’ONU, comptent 58 morts dans leurs rangs. L’attaque, revendiquée par un “groupe islamique” alors inconnu, aurait été selon toute vraisemblance préparée avec l’aide des services secrets syriens, même si jamais aucune preuve de cette implication n’a pu être fournie à ce jour. Cependant, son organisation a été attibuée à Imad Mougnieh, un dirigeant militaire du Hezbollah, tué par un attentat à la voiture piégée à Damas en février dernier.” — Pour la mémoire du lieutenant de la Bâtie sur le blog Le Liban [back]
  2. Pour la mémoire du lieutenant de la Bâtie 14 juillet 2008 Zone Militaire [back]
  3. Laurent Attar-Bayrou, président de la Fname(**) et de l’Association internationale des soldats de la paix, Attar-Bayrou: “Une atteinte à l’honneur”" : “Nous ne sommes pas opposés aux discussions avec la Syrie. Nous nous entretenons d’ailleurs avec elle dans le cadre des Nations unies. A ce propos, les médias évoquent “le retour de Damas” sur la scène internationale, mais elle ne l’a jamais quittée! Nous estimons en revanche que Nicolas Sarkozy aurait pu se limiter à ce qu’il avait à faire au niveau de l’Union pour la Méditerranée, sans lui lancer cette invitation déplacée à la tribune d’honneur. Et la France aurait pu, en tant que pays membre du conseil de sécurité de l’ONU, exiger de Damas des efforts sur le plan des droits de l’Homme et de la paix, mais elle ne l’a pas fait.” (…) Mais au Liban il y a 25 000 soldats syriens, et le bâtiment qui a été soufflé ce 23 octobre était celui des services secrets syriens. L’Iran ne peut pas être le seul responsable, même si ça arrange tout le monde. Quant au Hezbollah, il était naissant à l’époque , il ne faut pas l’oublier. Et je tiens à souligner que même si l’on connaît son implication, il est irresponsable de la crier haut et fort alors que 1 600 soldats français sont actuellement dans le sud du Liban, qu’il contrôle. [back]
  4. Entre Syrie et Israël: les cartes topographiques du Joulân-Golan, vecteurs de revendications territoriales Michael F. Davie
    Une brève histoire d’Israël, de la Palestine et du conflit Traduction de “A brief history of Israel, Palestine and the Conflict”) Ami Isseroff Traduit par
    Paul Fays [back]
  5. JDD : 14-juillet: Assad moque un “tapage politique” [back]
  6. Sur l’histoire des négociations, voir notamment :
    Accord secret entre représentants israéliens et syriens 16 janvier 2007 par Akiva Eldar, traduction d’un article de Haaretz – Last update 21/05/2008
    Israël et la Syrie au bord de la paix Alain Gresh, janvier 2000, Le Monde Diplomatique
    Un siècle d’histoire : comment comprendre la persistance du conflit arabo-israélien ?
    Maher Charif Cahiers de la Méditerranée vol. 71–2005, Crises, conflits et guerres en Méditerranée [Tome 2]
    L’histoire d’Israël en cartes www.mfa.gov.il [back]
Catégorie : Histoire

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