Angélica Liddell présente « Ping Pang Qiu » 乒乓球 au festival d’Avignon

Angelica Liddell – Ping Pang Qiu

Ping Pang Qiu, estrenada ya en España. Está inspirada en sus vivencias en China:

“La obra es la consecuencia de haber leído El libro de un hombre solo, de Gao Xingjian, prohibido por el gobierno de Pekín”.
 

«Ping Pang Qiu parla de la meva relació amb l’escriptura xinesa, un maridatge entre la disciplina, la passió i l’excés. Imposar-me la tasca de memoritzar els 4000 caràcters necessaris per poder llegir significa implicar la meitat de la meva vida. M’imposo tasques colossals que m’ajudin a suportar la desesperança. És com dir, “quan aprenguis els 4000 caràcters seràs lliure”. A través de l’escriptura xinesa estableixo una relació poètica amb la idea de condemna, de sacrifici. (Text al Monogràfic Especial La Vanguardia – 1 d’octubre de 2012)

« Au début, je voulais juste raconter une histoire d’amour. » Pour ce faire, Angélica Liddell s’installe à une table de pingpong, en compagnie de Lola Jiménez, de Fabián Augusto Gómez Bohórquez et de Sindo Puche, qui déjà l’accompagnaient dans sa précédente création : « Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme » : un projet d’alphabétisation. Le ping-pong, dans lequel les joueurs chinois excellent, est un sport soumis à des règles strictes et ceux qui le pratiquent doivent observer une discipline rigoureuse. De la discipline, il en faut aussi pour faire l’apprentissage de la langue chinoise comme en a fait l’expérience Angélica Liddell, qui le place aujourd’hui au cœur de sa pièce : « Une tâche colossale pour supporter le désespoir. » Dans ce spectacle, il est question d’amour, mais d’un amour contradictoire : celui d’Orphée pour Eurydice à qui, par amour, il donna une seconde fois la mort ; celui d’Angélica Liddell pour la Chine, gouvernée par un régime en contradiction avec toute quête de beauté et de liberté. « Voilà pourquoi je parle de mon amour de la Chine, parce que plus tu aimes la Chine, plus tu ressens de la tristesse, parce que la Chine n’existe pas, la Chine est la destruction de la Chine. » En Chine, Angélica Liddell se sent tellement étrangère, tellement seule, qu’elle y trouve une certaine paix, une paradoxale liberté. Car Ping Pang Qiu est aussi le fruit d’un autre apprentissage : celui de la solitude.

 » Dans Ping Pang Qiu, elle crie ainsi son amour de la Chine de Mao tout en fustigeant les ravages de la Révolution culturelle. Comment concilier les contraires ? C’est sa grâce. Elle dénonce le totalitarisme qui humilie, terrorise, tout en blâmant nos turpitudes, nos lâchetés. Seule la solitude nous sauvera, affirme-t-elle. Ou pleurer. C’est le dernier mot de ce spectacle ovni avec table, chien, acrobates, accessoires moches où l’on parle ping-pong, montre les images de Tian’anmen, cite La Chinoise, de Godard. » (Télérama)

« Pour Angélica Liddell, c’est le maoïsme qui a détruit la Chine. On ridiculise les intellectuels français qui chantaient les louanges du Grand Timonier dans les années 1970. On mime les gestes de l’étudiant s’opposant aux chars de la place de Tian’anmen. Une musicienne chinoise qui devait participer au spectacle a finalement refusé par peur de représailles. Comme si la Chine étendait ses tentacules au-delà même de son immense territoire. Une Chine mentale et carcérale qui s’oppose à la Chine rêvée et donc impossible d’Angélica Liddell. Sur le côté droit de la scène, un idéogramme confirme cette note mélancolique. Les signes qui le composent sont “deux bouches ouvertes au-dessus d’un chien”, ce qui se traduit par “pleurer”. Le grave et le dérisoire se renvoient la balle dans le théâtre d’Angélica Liddell Les Inrocks, 5.7.13

Angélica Liddell pour « Ping Pang Qiu » et « Todo el cielo sobre la tierra » enregistré le jeudi 4 juillet 2013 au cloitre Saint Louis (Avignon).

Il y est question de Leslie Cheung, étoile de la pop et du cinéma asiatiques qui, du vingt-quatrième étage d’un hôtel de Hong Kong, trouva la mort à l’âge de 46 ans. De Shanghai, car Ping Pang Qiu est le deuxième volet d’un triptyque chinois. Il y sera question d’un mariage entre discipline, passion et excès à travers l’apprentissage de 4000 caractères chinois. Il y sera question du bruit de dizaines de balles de ping-pong tirées pour la patrie chinoise par des enfants de 5 à 10 ans scandant chaque coup d’un cri de guerre : WHOOOAH !

Angélica Liddell, describes the experience of getting her latest work, Ping Pang Qiu, up and running:

“In the beginning, I just wanted to tell a love story.” To do so, Angélica Liddell, sits around a ping pong table, in the company of Lola Jiménez, Fabián Augusto Gómez Bohórquez and Sindo Puche, who had already accompanied her in her preceding creation: “Cursed be the man who trusts in men”: an Alphabet Project. Ping pong, in which Chinese players excel, is a sport subject to strict rules and those who practice it must observe a rigorous discipline. You also need discipline to learn the Chinese language, as did Angélica Liddell, who places it today at the heart of her play: “A colossal task to support despair.” In this show, the theme is love, but a contradictory love: that of Orpheus for Eurydice whose death, through love, he is responsible for a second time; for Angélica Liddell that death of China, governed by a regime that contradicts any quest for beauty and freedom. “That’s why I talk about my love for China, because the more you love China, the sadder you feel, because China doesn’t exist, China is the destruction of China;” In China, Angélica Liddell feels so foreign, so alone, that she finds a certain peace there, a paradoxical freedom. Because Ping Pang Qiu is also the fruit of another apprenticeship: that of solitude.

« The first aim was to talk about my love for China but the experience both before and during rehearsals led me to talk about the killing of the world of expression. Precisely because I love China, I needed to talk about everything which is destroying China. Ping Pang Qiu ended up becoming a documentary. We find ourselves up against the barbarity of a police state which extends repression right up to a rehearsal room in Madrid. So this work couldn’t be anything else but a documentary. In turn, it’s also a profound act of love. One day, before beginning rehearsals, Lola said to me that she was reading One Man’s Bible, by Gao Xingjian. I bought it and also began to read it. During the rehearsals, we read this book, which is banned by the Beijing government, to a Chinese person. Ping Pang Qiu are the consequences of that. »

www.angelicaliddell.com

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