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Les Noirs et les Mongols interdits de bar à Pékin

mercredi 23 juillet 2008 No Comment

chineseposters.net
“En contradiction avec le slogan officiel des Jeux – One World, One Dream –, les autorités chinoises préparent secrètement l’interdiction d’entrée dans les bars de la capitale aux Noirs et aux autres populations “socialement indésirables”.

Les propriétaires de bars situés dans le centre de Pékin ont déclaré au quotidien South China Morning Post qu’ils avaient dû, sous la contrainte du Bureau de la sécurité publique, signer un document dans lequel ils promettaient de ne pas laisser entrer les Noirs dans leurs établissements.

“Des responsables du Bureau de la sécurité publique sont venus ces jours-ci, en civil, pour me demander de ne pas servir les Noirs et les Mongols”, a déclaré au journaliste du South China Morning Post le copropriétaire d’un bar au style occidental qui a souhaité conserver l’anonymat. Selon les propriétaires de ce bar, les autorités de la capitale sévissent contre les Noirs et les Mongols afin de réprimer le trafic de drogue et la prostitution à la veille des Jeux.

Quelques mois auparavant, la police pékinoise avait lancé une opération d’envergure contre les Noirs, habitués des bars du district de Sanlitun, le quartier des expatriés de Pékin où se concentrent les bars occidentaux.

Le document qu’ont dû signer les tenanciers de bars de Sanlitun ne se limitait pas à l’interdiction de servir les Noirs ; ils devaient également promettre de suspendre, le temps des Jeux, certaines activités telles que la danse ou les concerts. Ils ont pu conserver des copies de ce document, à l’exception des pages concernant l’interdiction de servir les Noirs. Les autorités se méfieraient des accusations de racisme que pourrait déclencher la révélation de telles mesures.”

Selon un tenancier de bar du quartier de Sanlitun interrogé par le South China Morning Post, la mesure devait entrer en vigueur “dans les vingt quatre heures”. 1

Démenti, mais…

Dans un article du 23 Juillet 2008, Courrier International revient sur son article et présente ses excuses aux lecteurs, doutant de la véracité des faits relatés :

“Courrier international a relayé le 18 juillet une information parue dans le South China Morning Post selon laquelle les Noirs étaient “interdits de bars à Pékin”. Cette information, non vérifiée, a suscité depuis de nombreuses réactions mettant en cause sa véracité. Comme le dit notre confrère Pierre Haski de Rue 89, il est possible que l’auteur de l’article du South China Morning Post ait mal compris le terme de “noir”. En effet, en chinois, l’expression “élément noir”, désigne tout individu ayant des activités illicites, en particulier des prostituées et des dealers. Néanmoins, le 19 juillet, le quotidien hongkongais a publié un nouvel article sur le même sujet, en restant sur ses affirmations. Dans l’état actuel des choses, Courrier international préfère ne pas y accorder foi. Nous présentons nos excuses à nos lecteurs.”

Le plus étrange dans ce communiqué, c’est qu’aucun journaliste du South China Morning Star à l’origine semble-t-il de la diffusion de l’information n’a été interrogé par Courrier International dont la spécilité est précisément de proposer une revue de presse internationale.

Plus troublant encore, Courrier International évoque la possibilité que le journaliste ai mal compris l’information qui fait polémique. Or si on se reporte à l’article du South China Morning Post, il relate les propos d’un tenancier de bar déclarant que la mesure va entrer en vigueur dans “les vingt-quatre heures”. Un article du 19 Juillet ayant confirmé l’information, qu’est-ce décrédibilise le travail de ces journalistes au point que cette nouvelle doive néanmoins être tenue pour non vérifiée ? Comment, compte tenu du tollé provoqué par la nouvelle, ne peut-on lire aujourd’hui la version des autorités chinoises ? Ont-elles refusé de s’exprimer sur ce sujet ? Ont-elles été seulement interrogées ?

Qu’on s’inquiète de ne pas colporter des rumeurs, c’est fort louable. Qu’on préfère tenir une information comme non crédible, alors que des journalistes en font état après enquête, c’est déjà plus curieux. Mais que des professionnels de l’information se contentent d’une approximation supposée, jugeant inutile de vérifier plus avant une information qui a provoqué un tollé, c’est faire preuve d’une certaine légèreté. De quelque manière que l’on considère cette attitude, c’est trop ou pas assez.

C’est trop, si l’information est fausse, ce qu’on devrait savoir maintenant depuis longtemps, d’autant qu’elle est dommageable pour l’image de la Chine déjà passablement écornée par la répression de la cause tibétaine.

Mais c’est trop peu si l’information est avérée, car dans ce cas, renoncer à faire éclater la vérité, c’est se rendre complice par omission de mesures inacceptables dont l’annonce a provoqué une vive émotion.

Le professionnalisme ici, ce serait de dissiper l’ambiguité sur les raisons d’une imprécision. Se retrancher dans l’expectative sans rien expliquer et sans rien démentir, c’est au final alimenter la rumeur, et jeter le discrédit sur le travail d’autres journaliste dont rien n’indique à ce jour qu’ils ont démérité. C’est faire tout le contraire de ce qu’on appelle “informer”.

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Stefan Landsberger’s Chinese Propaganda Poster Pages

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Les Noirs interdits de bistrot à Pékin Courrier International, 18 juil. 2008

Authorities order bars not to serve black people Tom Miller July 18,2008 South China Morning Post “In our series looking at preparations for the Games, Tom Miller reports on plans to crack down on “undesirables” in the bars of Beijing”.

“Tony Perkins, an African-American sports presenter for China Central Television, said he had not experienced any racism during his six months in China while working for the state TV station, but he said he was concerned by the bar owners’ complaints.

“If this is policy, then it is a very bad policy – more so for a country holding an Olympics,” he said. 2

Chinese optimism

Optimism high in China, survey shows By Brian Knowlton, International Herald Tribune July 22, 2008 :

Survey by the Pew Research Center :

The Chinese Celebrate Their Roaring Economy As They Struggle With Its Costs – Optimism About Beijing Olympics Is Nearly Universal July 22, 2008

“Eighty-six percent of the Chinese surveyed said they were content with the country’s direction, up from 48 percent in 2002 and a full 25 percentage points higher than the next highest country, Australia. And 82 percent of Chinese were satisfied with their national economy, up from 52 percent. (…) Except for Spain, which placed fourth at 50 percent, the peoples of major European countries were far from content. Only about 3 in 10 British, French and Germans expressed satisfaction.

The Chinese respondents, somewhat less satisfied with their own lives than with national conditions, appeared to be basking in the glow of an economy that has seen growth rates in excess of 10 percent for each of the past five years, and of the grand ambitions embodied in Beijing playing host to the Olympic Games.”

To be compared with : How the World Sees China by Andrew Kohut, President, Pew Research Center December 11, 2007


  1. Sanlitun Saturday night: Blacks enjoy drinks, play pool, apparently await ban July 20th, 2008 [back]
  2. Sanlitun Saturday night: Blacks enjoy drinks, play pool, apparently await ban July 20th, 2008 [back]


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