Débat télévisé Obama – Mc Cain
Etat de nature
« Pour faire fonctionner selon la pure théorie les droits et les lois, les juristes se mettaient imaginairement dans l’état de nature ; pour voir fonctionner les disciplines parfaites, les gouvernants rêvaient de l’état de peste »
Michel Foucault, Surveiller et punir.
source : Ruh Roh – Glark

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Que peut-on attendre du débat télévisé ?
Il suffit parfois de peu de chose pour voir la politique autrement. Un angle inédit, une approche inattendue, un détail qui vient gripper la mécanique trop bien huilée de ceux qui ont pour tâche de ne rien laisser au hasard, et soudain, ce qui semblait ne jamais devoir arriver se produit. Le débat télévisé qu’on présentait comme un exercice convenu, mais incontournable, fait soudain évènement.
Que pourrait-il donc se passer, cette nuit, à trois heures du matin, heure française, durant ce débat télévisé que le sénateur Mc Cain a tenté de repousser, en vain, avant de se résoudre à affrontrer son rival, plus que jamais déterminé à en découdre ?
Il y a une semaine encore, de nombreux observateurs de la politique américaine s’accordaient pour dire que “l’effet Sara Pahlin” a apporté un ballon d’oxygène au candidat républicain. La candidature d’une femme à la vice-présidence des Etats-Unis, venait souligner l’absence d’Hillary Clinton du ticket démocrate.
Si Barack Obama doit combler un déficit de crédibilité envers la classe moyenne blanche, et les femmes, sa réponse à Sarah Pahlin, dans laquelle il affirmait qu’on “peut toujours mettre du rouge à lèvre à un cochon, il reste un cochon”, est d’un sexisme déplorable, qui ne peut que le déservir auprès de l’électorat qui peine à s’indentifier à lui, et que précisément, il doit s’efforcer de conquérir.
Ce débat télévisé devrait donc permettre à Barack Obama de dissiper les effets négatifs de ce dérapage verbal, et de concentrer ses attaques sur son adversaire qui est manifestement plus à l’aise sur les questions militaires et la politique internationale, que sur le terrain économique.
Ce qui n’était, il y a seulement quelques semaines, qu’une bataille d’image entre les deux adversaires, s’est transformé en l’espace de quelques jours, en gageure, puisqu’en réponse à la crise financière américaine qui menace de s’étendre, il s’agit rien moins pour les candidats que de trouver en l’espace de quelques jours, avant la fin de la session parlementaire du Congrès, une réponse à la plus grave crise financière qui frappe les Etats-Unis depuis les années trente.
Gravité qui est telle, que le président George W Bush a invité les deux candidats à la Maison Blanche dans l’espoir qu’ils pourraient l’aider à faire adopter par le Congrès, le plan de 700 milliards de dollars, censé renflouer les banques américaines, confrontées au risque de faillites en cascade.
Voilà donc que sur le terrain économique, sur lequel se jouera l’élection américaine, sauf crise internationale majeure, on demande aux candidats de trouver un consensus sur le plan de sauvetage du secteur bancaire américain, là où au contraire, toute leur stratégie de campagne consiste à mettre leurs différences en exergue.
Le Sénateur Mc Cain, qui prône un rôle minimal de l’Etat dans l’économie, peut-il approuver le plan de sauvetage proposé par le président George W Bush, alors que ce dernier propose de nationaliser les pertes d’un système financier hors de contrôle ?
Si le gouvernement Bush continue sur cette lancée, pouvait-on lire dans le Time, il va pousser le capitalisme américain sur la pente suivie par l’économie française, caractérisée par une faible croissance, et un déficit récurrent qui se creuse d’années en années, comme vient de le reconnaître Eric Woerth, le ministre du budget.
Le candidat de la libre entreprise peut-il accepter que le gouvernement demande au contribuable américain de renflouer un système qui est mort de propres excès, sans que jamais, on pose la question de savoir qui est responsable ?
Nicolas Sarkozy, dans son discours de l’ONU n’a pas dit autre chose, en pointant les responsabilités de ceux qui se sont enrichi pendant des années, et ont privatisé les bénéfices, au nom de la loi du marché. Ceux-là même, qui demandent aujourd’hui, la nationalisation de leurs pertes, pour éviter un effondrement du système qui leur doit beaucoup.
A l’évidence, les enquêtes du FBI sur certaines faillites récentes va dans le sens d’une moralisation de la vie des affaires. Mais l’Amérique qui a eu les mêmes accents de repentance après l’affaire Enron, a-t-elle vraiment pris la mesure de la nécessité d’une refonte complète du système financier mondial dont elle a profité pendant des lustres ?
Dans ce contexte, Barack Obama, fera-t-il entendre la voix de tous ceux qui sont aujourd’hui frappés par la crise, et redonner confiance à une nation qui doute, sans pour autant incarner un misérabilisme qui le rejetterait dans le rôle d’un ennemi de la liberté d’entreprendre ?
Le grand défi que devront relever les deux candidats durant ce débat télévisé, consistera à trouver le juste équilibre entre la stigmatisation des erreurs dont ils se désolidarisent, et les mesures drastiques qu’exigent l’instauration d’une gouvernance économique digne de ce nom.
Les candidats devront donc soutenir les mesures d’urgence rendues nécessaires par la gravité de la situation, tout en définissant la limite qu’ils fixent à la solidarité, dans un pays où on juge intolérable de mutualiser systématiquement l’effort financier indispensable sans lequel des millions d’américains restent privés de soins élémentaires, faute de revenus suffisants. 1
Si la crise financière américaine a peu de chance d’incliner les candidats à la présidence américaine vers un modèle d’Etat-providence à la française, en revanche, c’est la bien nature du progrès tel qu’on le conçoit en Amérique, qui est interrogé à travers cette crise financière.
La crise, par son ampleur, démontre à l’évidence, qu’en dépit des grands discours, la gouvernance mondiale en matière de finance internationale, reste à inventer. Le dire à la tribune de l’ONU, c’est faire un constat que nul ne peut ignorer. Vilipender les fauteurs de crise, au nom d’une nation telle que la France, qui s’enfonce dans le déficit, c’est plus délicat.
La crédibilité du recours à l’Etat-Providence ici, n’est pas, comme on le fait en France, à rechercher dans la cohérence idéologique de la démarche, mais dans le pragmatisme des solutions qu’elle autorise. Car la seule chose qui compte, dans l’Amérique en crise, c’est de sauver l’économie nationale. Mais la campagne électorale ne pousse pas au compromis politique. Bien au contraire.
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“Nous devons reconnaître que cette crise est le point final de huit ans d’une politique économique erronée conduite par George W. Bush et soutenue par le sénateur McCain”, a dit M. Obama au début de ce débat qui doit durer une heure et demi.
Interrogé pour savoir s’il comptait voter en faveur du plan de sauvetage du système financier, M. McCain a répondu: “j’espère”. M. Obama, appelant systématiquement son adversaire par son prénom, a rétorqué: “nous n’avions pas encore entendu ça”.
Le candidat républicain à l’élection présidentielle a pour sa part accusé son rival démocrate Barack Obama de gaspiller les subventions publiques. Lors de la première passe d’armes du débat, M. McCain a expliqué que son adversaire, sénateur comme lui, avait demandé 932 millions de dollars de subventions pour son Etat de l’Illinois (nord) dans le cadre de projets de loi discutés au Sénat.
“C’est près d’un million de dollars par jour qu’il a passé au Sénat des Etats-Unis”, a dénoncé le candidat républicain. “Ce n’est pas ainsi que l’on réduit les dépenses à Washington. Voici l’une des divergences fondamentales entre le sénateur Obama et moi-même”, a-t-il lancé.
Obama et McCain s’affrontent sur l’économie Romandie News, ats / 27 septembre 2008 03:57)
Le débat Obama-McCain en live comme à la maison 20minutes.fr
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