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	<title>Netlex Focus &#187; Religion</title>
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<image><title>Netlex Focus</title><url>http://yourimg.url/</url><link>http://www.netlexfrance.net</link></image><image><title>Netlex Focus</title><url>http://www.netlexfrance.net/images/netlexlogo3.jpg</url><link>http://www.netlexfrance.net</link><width>166</width><height>166</height><description>Netlex Focus - http://www.netlexfrance.net</description></image>		<item>
		<title>Descartes, porteur d&#8217;une &#8220;dévastation des consciences&#8221; ?</title>
		<link>http://www.netlexfrance.net/2011/08/14/descartes-porteur-dune-devastation-des-consciences/</link>
		<comments>http://www.netlexfrance.net/2011/08/14/descartes-porteur-dune-devastation-des-consciences/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Aug 2011 22:47:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>netlex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Idées & opinions]]></category>
		<category><![CDATA[chrétien]]></category>
		<category><![CDATA[Descartes]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

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		<description><![CDATA[<blockquote><p>« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. C’est Dieu qui a mis au coeur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur luimême.»</p>
<p>Encyclique Fides et ratio, Jean-Paul II, 1998.</p></blockquote>
<p>Le dernier livre de Jean-Paul II intitulé &#8220;Mémoire et identité&#8221;, publié en 2005 et présenté par l&#8217;éditeur comme un &#8221; testament politique et spirituel &#8220;, a marqué les consciences et déclenché une vive polémique sur les &#8220;racines chrétiennes&#8221; de l&#8217;Europe. Le Pape y a questionne les fondements d&#8217;une Europe désorientée, incertaine d&#8217;elle même, en terme d&#8217;identité culturelle, affirmant que la chrétienté est à la source du projet politique européen qui ne peut être qu&#8217;enraciné dans l&#8217;histoire de ses valeurs. Pour lui, le XXème siècle, marqué par la déchristianisation des âmes dans les pays d&#8217;Europe où il fut jadis triomphant, est porteur d&#8217;une “<em>dévastation des consciences</em>” initiée au siècle des Lumières. </p>
<p>La faute en reviendrait au cartésianisme. La pensée de Descartes marque une rupture fondamentale avec la façon de philosopher avant lui. Avec Descartes, la Raison se substitue à l&#8217;Etre. La pensée cartésienne s&#8217;affranchit de la foi pour trouver en elle même les principes de son triomphe. Devenant la propre mesure de sa pensée, le cartésien borne sa sagesse aux limites de ce que sa raison permet, et rejette la croyance en Dieu qui obscurcit le jugement. </p>
<p>Bossuet, penseur du Grand Siècle, le XVII° siècle, celui de Louis XIV, avait bien compris le danger que représentait l&#8217;émancipation des esprits de l&#8217;emprise de l&#8217;Eglise au nom de la Raison : &#8220;<em>je vois un grand combat se préparer contre l&#8217;Eglise sous le nom de philosophie cartésienne</em>&#8220;. </p>
<div id="attachment_379" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.netlexfrance.net/wp-content/uploads/2011/08/descartes.jpg"><img src="http://www.netlexfrance.net/wp-content/uploads/2011/08/descartes-300x260.jpg" alt="Descartes" title="descartes" width="300" height="260" class="size-medium wp-image-379" /></a><p class="wp-caption-text">René Descartes (1596-1650)</p></div>
<blockquote><p>&#8220;<em>Pour mieux illustrer un tel phénomène, (la crise de la tradition chrétienne) il faut remonter à la période antérieure aux Lumières, en particulier à la révolution de la pensée philosophique opérée par Descartes. Le «cogito, ergo sum» -«Je pense donc je suis»- apporta un bouleversement dans la manière de faire de la philosophie. Dans la période pré-cartésienne, la philosophie, et donc le cogito, ou plutôt le cognosco (&#8220;je connais&#8221;), étaient subordonnés à l&#8217;esse (l&#8217;être), qui était considéré comme quelque chose de primordial. Pour Descartes, à l&#8217;inverse, l&#8217;esse apparaissait secondaire, tandis qu&#8217;il considérait le cogito comme primordial. Ainsi, non seulement on opérait un changement de direction dans la façon de faire de la philosophie, mais on abandonnait de manière décisive ce que la philosophie avait été jusque-là, en particulier la philosophie de saint Thomas d&#8217;Aquin : la philosophie de l&#8217;esse. Auparavant, tout était interprété dans la perspective de l&#8217;esse et l&#8217;on cherchait une explication de tout selon cette perspective. (…). Le «cogito, ergo sum» portait en lui la rupture avec cette ligne de pensée. L&#8217;ens cogitans (être pensant) devenait désormais primordial. Après Descartes, la philosophie devient une science de la pure pensée : tout ce qui est esse — tout autant le monde créé que le Créateur — se situe dans le champ du cogito, en tant que contenu de la conscience humaine. La philosophie s&#8217;occupe des êtres en tant que contenus de la conscience, et non en tant qu&#8217;existants en dehors d&#8217;elle</em>&#8220;. </p>
<p>Jean-Paul II, &#8220;Mémoire et identité&#8221;, pp. 20-21.</p></blockquote>
<p>En rejetant Dieu en tant que Créateur, on a détruit “<em>la source de détermination de ce qui est bien et mal</em>” et rendu possible les idéologies du mal que sont le nazisme et le marxisme et leur cortège d&#8217;exterminations. Pour Jean-Paul, la fin des idéologies n&#8217;a pas mis fin au danger. La menace totalitaire est toujours présente, et l&#8217;idéologie du Mal se présente aujourd&#8217;hui sous des formes plus insidieuses, mais non moins dangereuses. Et le Pape de dénoncer la légalisation de l&#8217;avortement, rappelant qu&#8217;il <em>s&#8217;agit encore une fois d&#8217;une extermination décidée par des Parlements élus démocratiquement</em>”, sans oublier :</p>
<blockquote><p>&#8220;<em>D&#8217;autres formes de violation de la loi de Dieu ne manquent pas non plus. Je pense par exemple aux fortes pressions du Parlement européen pour que soient reconnues les unions homosexuelles comme une forme alternative de famille, à laquelle reviendrait aussi le droit d&#8217;adopter. On peut et même on doit se poser la question de savoir s&#8217;il ne s&#8217;agit pas, ici encore, d&#8217;une nouvelle “idéologie du mal”, peut-être plus insidieuse et plus occulte</em>…”</p></blockquote>
<p>Après Descartes, la religion devient questionnable. Aucune vérité universelle ne peut s&#8217;imposer contre le pouvoir critique de la raison.</p>
<blockquote><p>La prétendue preuve rationnelle de l’existence de Dieu démystifie et désacralise la religion et introduit le ver philosophique du doute dans le fruit de la vérité révélée absolue. Le conflit entre foi et raison ressurgit aussitôt : il faut que la raison abdique de son pouvoir de démonstrativité ou de preuve ontologique pour que la vérité de la foi, comme croyance absolue de la vérité absolue de l’existence de Dieu, puisse s’affirmer, y compris contre elle, comme l’avait compris Pascal. <sup><a href="#footnote-1-304" id="footnote-link-1-304" title="See the footnote.">1</a></sup></p></blockquote>
<p><strong>Benoît XVI et la soumission de la raison à la foi </strong></p>
<p>Benoît XVI affirme que l’existence de Dieu est plus qu’une simple croyance subjective non démontrée mais qu’elle est l’objet d’une révélation (foi) qui en fait une vérité indémontrable objective. Ainsi, l’intensité de la foi suffirait sur le plan rationnel à établir la vérité de son contenu. Est-ce à dire pour autant que pour l&#8217;Eglise, raison et foi sont exclusives l&#8217;une de l&#8217;autre ? En réalité, les choses sont moins simples qu&#8217;on pourrait le penser.</p>
<blockquote><p>l’Église enseigne depuis bien longtemps que « Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées »1. Que signifie donc cet article ? L’Église aurait-elle oublié d’effacer un vieil article sans grande importance dont les progrès rationnels nous permettraient aujourd’hui de mesurer l’erreur ? Le Catéchisme n’a pourtant pas l’air de considérer que cette capacité est sans importance : « En défendant la capacité de la raison humaine de connaître Dieu, l’Église exprime sa confiance en la possibilité de parler de Dieu à tous les hommes et avec tous les hommes », « sans cette capacité, l’homme ne pourrait accueillir la révélation de Dieu ». <sup><a href="#footnote-2-304" id="footnote-link-2-304" title="See the footnote.">2</a></sup></p></blockquote>
<p>Ne voir dans le discours de l&#8217;Eglise catholique sur Foi et Raison qu&#8217;un réarmement spirituel et intellectuel contre la déchristianisation, et une tentative de réactiver le thomisme garant de la soumission de la raison à la foi, serait par trop réducteur. L&#8217;enjeu d&#8217;une réflexion approfondie sur le rapport entre foi et raison dépasse le seul domaine religieux. </p>
<p>Les nations qui se réclament de l&#8217;héritage culturel et spirituel du christianisme pour affirmer leur identité ne peuvent se contenter de l&#8217;abandonner aux extrémistes qui prétendent y trouver la caution idéologique dont ils ont besoin pour exacerber le populisme et encourager la résurgence de l&#8217;intolérance dont ils ont fait leur fonds de commerce. L&#8217;affirmation de la foi chrétienne ne saurait justifier le mépris de l&#8217;Autre.</p>
<p>De même, &#8216;au sein de l&#8217;Europe d&#8217;héritage chrétien, la défense de valeurs catholiques ne peut faire systématiquement obstacle à la conquête des droits individuels et collectifs de ceux qui durent lutter contre l&#8217;Eglise pour les conquérir, et doivent encore lutter pour les faire respecter. </p>
<p>Pour autant, l&#8217;érosion accélérée de l&#8217;influence de l&#8217;Eglise dans nos sociétés marquées par le doute radical envers la transcendance, et l&#8217;inexorable émancipation des consciences et des moeurs de l&#8217;autorité religieuse, n&#8217;implique nullement la fin de la religion, même si les sacrements sont moins la scansion d&#8217;une vie spirituelle active, que les marqueurs culturels d&#8217;une identité religieuse qui ne s&#8217;exprime plus qu&#8217;à l&#8217;occasion des grands moments de la vie : le  baptême, le mariage, la mort.</p>
<p>&#8220;Le pape incite les croyants à toujours plus et à toujours mieux se servir des lumières naturelles de la raison afin que la foi puisse s’affermir, se développer et les incroyants à ne pas idolâtrer la raison, à ne pas en rester à des préjugés et des distinctions de sphères abusives. À l’horizon de la question « foi et raison », se trouve posée celle de la nature humaine, de son identité profonde et celle d’une réactualisation de tous nos choix de vie&#8221;.</p>
<p>En cette période troublée marquée par de profondes mutations qui annoncent un changement civilisationnel, interroger les valeurs du christianisme confine à l&#8217;examen de conscience. Faillir dans le dialogue entre foi et raison menacerait l&#8217;humanisme, et ultimement, mettrait le projet démocratique en péril.</p>
<p>Au cours de sa conférence au Collège des Bernardins, Benoît XVII déclara en conclusion :</p>
<blockquote><p>« Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. [...] Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves.»</p></blockquote>
<p>Conférence de Benoît XVI au Collège des Bernardins le 12 septembre 2008</p>
<p><object id="mediaplayer3385830918" classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" width="320" height="265"><param name="movie" value="http://www.gloria.tv/media/94052/embed/true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed src="http://www.gloria.tv/media/94052/embed/true" type="application/x-shockwave-flash" width="320" height="265" flashvars="media=94052&amp;embed=true" quality="high" scale="noborder" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<br /><ol class="footnotes"><li id="footnote-1-304"><a href="http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/de-descartes-a-benoit-xvi-ou-de-l-44432">De Descartes à Benoît XVI ou de l’impossibilité de concilier rationnellement foi et raison</a> par Sylvain Reboul  [<a href="#footnote-link-1-304">back</a>]</li><li id="footnote-2-304"> 1Cc. Vatican I : DS 3004, Catéchisme de l’Église catholique [CEC] § 36.<br />
source : Faut-il abandonner l’existence de Dieu ?, par Jean-Baptiste Guillon in <a href="http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/numeros_en_ligne/noel08/seneve.pdf">Foi et Raison Noël 2008</a> (pdf) Sénévé, Journal des Aumoneries   [<a href="#footnote-link-2-304">back</a>]</li></ol><p><a href="http://www.netlexfrance.net/2011/08/14/descartes-porteur-dune-devastation-des-consciences/">Descartes, porteur d&#8217;une &#8220;dévastation des consciences&#8221; ?</a> is a post from: <a href="http://www.netlexfrance.net">Netlex Focus</a></p>
<div style="display:block"><small><em>posted in <a href="http://www.netlexfrance.net/category/idees/">Idées &amp; opinions</a> by Netlex <br />&copy;2012 <a href="http://www.netlexfrance.net">Netlex Focus</a>. All Rights Reserved.</em></small></div>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. C’est Dieu qui a mis au coeur de l’homme le désir de connaître la vérité et, au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant, il puisse atteindre la pleine vérité sur luimême.»</p>
<p>Encyclique Fides et ratio, Jean-Paul II, 1998.</p></blockquote>
<p>Le dernier livre de Jean-Paul II intitulé &#8220;Mémoire et identité&#8221;, publié en 2005 et présenté par l&#8217;éditeur comme un &#8221; testament politique et spirituel &#8220;, a marqué les consciences et déclenché une vive polémique sur les &#8220;racines chrétiennes&#8221; de l&#8217;Europe. Le Pape y a questionne les fondements d&#8217;une Europe désorientée, incertaine d&#8217;elle même, en terme d&#8217;identité culturelle, affirmant que la chrétienté est à la source du projet politique européen qui ne peut être qu&#8217;enraciné dans l&#8217;histoire de ses valeurs. Pour lui, le XXème siècle, marqué par la déchristianisation des âmes dans les pays d&#8217;Europe où il fut jadis triomphant, est porteur d&#8217;une “<em>dévastation des consciences</em>” initiée au siècle des Lumières. </p>
<p>La faute en reviendrait au cartésianisme. La pensée de Descartes marque une rupture fondamentale avec la façon de philosopher avant lui. Avec Descartes, la Raison se substitue à l&#8217;Etre. La pensée cartésienne s&#8217;affranchit de la foi pour trouver en elle même les principes de son triomphe. Devenant la propre mesure de sa pensée, le cartésien borne sa sagesse aux limites de ce que sa raison permet, et rejette la croyance en Dieu qui obscurcit le jugement. </p>
<p>Bossuet, penseur du Grand Siècle, le XVII° siècle, celui de Louis XIV, avait bien compris le danger que représentait l&#8217;émancipation des esprits de l&#8217;emprise de l&#8217;Eglise au nom de la Raison : &#8220;<em>je vois un grand combat se préparer contre l&#8217;Eglise sous le nom de philosophie cartésienne</em>&#8220;. </p>
<div id="attachment_379" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.netlexfrance.net/wp-content/uploads/2011/08/descartes.jpg"><img src="http://www.netlexfrance.net/wp-content/uploads/2011/08/descartes-300x260.jpg" alt="Descartes" title="descartes" width="300" height="260" class="size-medium wp-image-379" /></a><p class="wp-caption-text">René Descartes (1596-1650)</p></div>
<blockquote><p>&#8220;<em>Pour mieux illustrer un tel phénomène, (la crise de la tradition chrétienne) il faut remonter à la période antérieure aux Lumières, en particulier à la révolution de la pensée philosophique opérée par Descartes. Le «cogito, ergo sum» -«Je pense donc je suis»- apporta un bouleversement dans la manière de faire de la philosophie. Dans la période pré-cartésienne, la philosophie, et donc le cogito, ou plutôt le cognosco (&#8220;je connais&#8221;), étaient subordonnés à l&#8217;esse (l&#8217;être), qui était considéré comme quelque chose de primordial. Pour Descartes, à l&#8217;inverse, l&#8217;esse apparaissait secondaire, tandis qu&#8217;il considérait le cogito comme primordial. Ainsi, non seulement on opérait un changement de direction dans la façon de faire de la philosophie, mais on abandonnait de manière décisive ce que la philosophie avait été jusque-là, en particulier la philosophie de saint Thomas d&#8217;Aquin : la philosophie de l&#8217;esse. Auparavant, tout était interprété dans la perspective de l&#8217;esse et l&#8217;on cherchait une explication de tout selon cette perspective. (…). Le «cogito, ergo sum» portait en lui la rupture avec cette ligne de pensée. L&#8217;ens cogitans (être pensant) devenait désormais primordial. Après Descartes, la philosophie devient une science de la pure pensée : tout ce qui est esse — tout autant le monde créé que le Créateur — se situe dans le champ du cogito, en tant que contenu de la conscience humaine. La philosophie s&#8217;occupe des êtres en tant que contenus de la conscience, et non en tant qu&#8217;existants en dehors d&#8217;elle</em>&#8220;. </p>
<p>Jean-Paul II, &#8220;Mémoire et identité&#8221;, pp. 20-21.</p></blockquote>
<p>En rejetant Dieu en tant que Créateur, on a détruit “<em>la source de détermination de ce qui est bien et mal</em>” et rendu possible les idéologies du mal que sont le nazisme et le marxisme et leur cortège d&#8217;exterminations. Pour Jean-Paul, la fin des idéologies n&#8217;a pas mis fin au danger. La menace totalitaire est toujours présente, et l&#8217;idéologie du Mal se présente aujourd&#8217;hui sous des formes plus insidieuses, mais non moins dangereuses. Et le Pape de dénoncer la légalisation de l&#8217;avortement, rappelant qu&#8217;il <em>s&#8217;agit encore une fois d&#8217;une extermination décidée par des Parlements élus démocratiquement</em>”, sans oublier :</p>
<blockquote><p>&#8220;<em>D&#8217;autres formes de violation de la loi de Dieu ne manquent pas non plus. Je pense par exemple aux fortes pressions du Parlement européen pour que soient reconnues les unions homosexuelles comme une forme alternative de famille, à laquelle reviendrait aussi le droit d&#8217;adopter. On peut et même on doit se poser la question de savoir s&#8217;il ne s&#8217;agit pas, ici encore, d&#8217;une nouvelle “idéologie du mal”, peut-être plus insidieuse et plus occulte</em>…”</p></blockquote>
<p>Après Descartes, la religion devient questionnable. Aucune vérité universelle ne peut s&#8217;imposer contre le pouvoir critique de la raison.</p>
<blockquote><p>La prétendue preuve rationnelle de l’existence de Dieu démystifie et désacralise la religion et introduit le ver philosophique du doute dans le fruit de la vérité révélée absolue. Le conflit entre foi et raison ressurgit aussitôt : il faut que la raison abdique de son pouvoir de démonstrativité ou de preuve ontologique pour que la vérité de la foi, comme croyance absolue de la vérité absolue de l’existence de Dieu, puisse s’affirmer, y compris contre elle, comme l’avait compris Pascal. <sup><a href="#footnote-1-304" id="footnote-link-1-304" title="See the footnote.">1</a></sup></p></blockquote>
<p><strong>Benoît XVI et la soumission de la raison à la foi </strong></p>
<p>Benoît XVI affirme que l’existence de Dieu est plus qu’une simple croyance subjective non démontrée mais qu’elle est l’objet d’une révélation (foi) qui en fait une vérité indémontrable objective. Ainsi, l’intensité de la foi suffirait sur le plan rationnel à établir la vérité de son contenu. Est-ce à dire pour autant que pour l&#8217;Eglise, raison et foi sont exclusives l&#8217;une de l&#8217;autre ? En réalité, les choses sont moins simples qu&#8217;on pourrait le penser.</p>
<blockquote><p>l’Église enseigne depuis bien longtemps que « Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées »1. Que signifie donc cet article ? L’Église aurait-elle oublié d’effacer un vieil article sans grande importance dont les progrès rationnels nous permettraient aujourd’hui de mesurer l’erreur ? Le Catéchisme n’a pourtant pas l’air de considérer que cette capacité est sans importance : « En défendant la capacité de la raison humaine de connaître Dieu, l’Église exprime sa confiance en la possibilité de parler de Dieu à tous les hommes et avec tous les hommes », « sans cette capacité, l’homme ne pourrait accueillir la révélation de Dieu ». <sup><a href="#footnote-2-304" id="footnote-link-2-304" title="See the footnote.">2</a></sup></p></blockquote>
<p>Ne voir dans le discours de l&#8217;Eglise catholique sur Foi et Raison qu&#8217;un réarmement spirituel et intellectuel contre la déchristianisation, et une tentative de réactiver le thomisme garant de la soumission de la raison à la foi, serait par trop réducteur. L&#8217;enjeu d&#8217;une réflexion approfondie sur le rapport entre foi et raison dépasse le seul domaine religieux. </p>
<p>Les nations qui se réclament de l&#8217;héritage culturel et spirituel du christianisme pour affirmer leur identité ne peuvent se contenter de l&#8217;abandonner aux extrémistes qui prétendent y trouver la caution idéologique dont ils ont besoin pour exacerber le populisme et encourager la résurgence de l&#8217;intolérance dont ils ont fait leur fonds de commerce. L&#8217;affirmation de la foi chrétienne ne saurait justifier le mépris de l&#8217;Autre.</p>
<p>De même, &#8216;au sein de l&#8217;Europe d&#8217;héritage chrétien, la défense de valeurs catholiques ne peut faire systématiquement obstacle à la conquête des droits individuels et collectifs de ceux qui durent lutter contre l&#8217;Eglise pour les conquérir, et doivent encore lutter pour les faire respecter. </p>
<p>Pour autant, l&#8217;érosion accélérée de l&#8217;influence de l&#8217;Eglise dans nos sociétés marquées par le doute radical envers la transcendance, et l&#8217;inexorable émancipation des consciences et des moeurs de l&#8217;autorité religieuse, n&#8217;implique nullement la fin de la religion, même si les sacrements sont moins la scansion d&#8217;une vie spirituelle active, que les marqueurs culturels d&#8217;une identité religieuse qui ne s&#8217;exprime plus qu&#8217;à l&#8217;occasion des grands moments de la vie : le  baptême, le mariage, la mort.</p>
<p>&#8220;Le pape incite les croyants à toujours plus et à toujours mieux se servir des lumières naturelles de la raison afin que la foi puisse s’affermir, se développer et les incroyants à ne pas idolâtrer la raison, à ne pas en rester à des préjugés et des distinctions de sphères abusives. À l’horizon de la question « foi et raison », se trouve posée celle de la nature humaine, de son identité profonde et celle d’une réactualisation de tous nos choix de vie&#8221;.</p>
<p>En cette période troublée marquée par de profondes mutations qui annoncent un changement civilisationnel, interroger les valeurs du christianisme confine à l&#8217;examen de conscience. Faillir dans le dialogue entre foi et raison menacerait l&#8217;humanisme, et ultimement, mettrait le projet démocratique en péril.</p>
<p>Au cours de sa conférence au Collège des Bernardins, Benoît XVII déclara en conclusion :</p>
<blockquote><p>« Pour beaucoup, Dieu est vraiment devenu le grand Inconnu. [...] Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison, le renoncement à ses possibilités les plus élevées et donc un échec de l’humanisme, dont les conséquences ne pourraient être que graves.»</p></blockquote>
<p>Conférence de Benoît XVI au Collège des Bernardins le 12 septembre 2008</p>
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<br /><ol class="footnotes"><li id="footnote-1-304"><a href="http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/de-descartes-a-benoit-xvi-ou-de-l-44432">De Descartes à Benoît XVI ou de l’impossibilité de concilier rationnellement foi et raison</a> par Sylvain Reboul  [<a href="#footnote-link-1-304">back</a>]</li><li id="footnote-2-304"> 1Cc. Vatican I : DS 3004, Catéchisme de l’Église catholique [CEC] § 36.<br />
source : Faut-il abandonner l’existence de Dieu ?, par Jean-Baptiste Guillon in <a href="http://www.eleves.ens.fr/aumonerie/numeros_en_ligne/noel08/seneve.pdf">Foi et Raison Noël 2008</a> (pdf) Sénévé, Journal des Aumoneries   [<a href="#footnote-link-2-304">back</a>]</li></ol><p><a href="http://www.netlexfrance.net/2011/08/14/descartes-porteur-dune-devastation-des-consciences/">Descartes, porteur d&#8217;une &#8220;dévastation des consciences&#8221; ?</a> is a post from: <a href="http://www.netlexfrance.net">Netlex Focus</a></p>
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